Le glaucome en 11 questions
Le glaucome est une maladie de la vue encore mal connue du grand public. Nous avons adressé un panorama des questions les plus souvent posées autour de cette pathologie.
Peut-on guérir du glaucome ?
Non. Il y a toute une série de traitement qui permettent de diminuer la pression intraoculaire : collyre (goûtes), laser, opération classique dans certaines situations. Mais les tissus perdus ne peuvent malheureusement pas être régénérés.
Si je développe un glaucome, je m’en rendrai compte par moi-même ?
Non, pour le glaucome à angle ouvert, qui constitue 90% des cas.
Dans le cas d’un glaucome ouvert, ce n’est que quand le nerf optique a perdu environ 40% de ses fibres que les premiers symptômes se font ressentir (perte progressive de la vision périphérique, baisse de l’acuité visuelle).
Comme cette perte est lente, on met du temps à s’en rendre compte. Le cerveau va dans un premier temps compenser la perte, en reconstituant les zones perdues sur bases des informations qu’il a à sa disposition. Il compense.
Comme ce mécanisme de compensation ne fonctionne plus à un stade avancé du glaucome, c’est à ce moment-là que l’on se rend compte qu’il y a un souci, que notre champ de vision a diminué.
Pour le glaucome aigu, la douleur est intense. Il s’agit d’une urgence médicale et une intervention chirurgicale d’urgence est nécessaire.
Quels sont les facteurs à risque ?
Pour le glaucome a angle ouvert, l’âge est le facteur prédominant, d’où l’importance de se faire dépister à partir de 40 ans. L’hérédité génétique a aussi un rôle à jouer. Si vous avez dans votre famille des membres qui ont été diagnostiqués avec un glaucome, la probabilité que vous en développiez un est plus grand.
Il y a également une dimension ethnique : les personnes de descendance africaine ont statistiquement des cornées plus minces, un facteur de risque reconnu car elle offre moins de protection structurelle et peut fausser la mesure de la tension (la faisant paraître plus basse qu’elle ne l’est réellement). Ils ont également une plus grande fréquence de développer un glaucome
Pour le glaucome aigu, ce sont les personnes d’origine asiatique qui sont le plus à risque. L’espace entre l’iris et la cornée est souvent moins profond, ce qui réduit naturellement l’angle de drainage du liquide oculaire.
Les personnes hypermétropes sont également plus à risque. Par définition, un œil hypermétrope est plus court que la moyenne, toutes les structures internes (iris, cristallin, corps ciliaire) sont donc plus serrées les unes contre les autres. Il suffit d’un très léger mouvement de l’iris vers l’avant pour que celui-ci vienne toucher la cornée, et verrouiller totalement la sortie du liquide.
Je porte des lunettes et mon opticien me contrôle la vue, c’est suffisant ?
Non, un contrôle chez l’opticien n’est pas suffisant pour dépister un glaucome.
Bien que les opticiens soient des professionnels qualifiés pour mesurer votre acuité visuelle et adapter vos verres, ils ne sont pas médecins et ne sont pas habilités à réaliser un examen médical complet de l’œil. Vous pouvez avoir 10/10 à chaque œil tout en ayant un glaucome qui se développe silencieusement.
Peut-on prévenir l’apparition d’un glaucome ?
Non. On peut en revanche prévenir l’apparition des symptômes grâce au dépistage.
Comme le glaucome a angle ouvert est asymptomatique, la prévention repose sur un examen régulier chez l’ophtalmologue, pour détecter une tension oculaire élevée avant que le nerf optique ne soit endommagé.
Même pour le glaucome aigu, a angle fermé le dépistage est essentiel. Un ophtalmologue va pouvoir identifier les facteurs anatomiques à risque, et programmer une opération préventive.
On ne prévient pas le glaucome comme on prévient un rhume, on le neutralise en le dépistant, avant qu’il ne nous vole la vue.
Voici la liste des centres proposant des dépistages gratuits pendant la semaine du glaucome, qui se tient du 8 au 14 mars en 2026. En dehors de cette période, prenez rendez-vous avec un ophtalmologue.
Le dépistage du glaucome est-il douloureux ? Va-t-on m’introduire des trucs dans les yeux ?
Non, juste de l’air. Les ophtalmologues utilisent généralement un pneumo tonomètre, un appareil qui permet de mesurer la pression de votre œil en envoyant juste un petit « pfft » d’air sec sur votre cornée ou un tonomètre, un appareil avec un prisme qui touche la surface de la cornée qui aura été préalablement anesthésiée
Ils vont également utiliser un pachymètre pour mesurer l’épaisseur de votre cornée. Car si votre cornée est très épaisse, le tonomètre risque de surestimer la pression intraoculaire. Au contraire, si elle est fine, il va le « sous-estimer ».
D’autres examens complémentaires peuvent être réalisés par l’ophtalmologue, comme un fond d’œil, pour évaluer l’état du nerf optique. Il s’agit d’une “photo” de votre rétine réalisée à travers votre pupille, par un appareil ultra perfectionné. C’est encore une fois non intrusif.
Le glaucome, est-ce une maladie de vieux ?
Non (sauf si vous pensez que 40 ans, c’est vieux).
Pour le glaucome ouvert, on recommande généralement réaliser un dépistage à partir de 40 ans, et de surveiller de manière plus ou moins régulière en fonction des résultats de ce premier dépistage.
Bien que le glaucome frappe également les enfants et les jeunes adultes, cette maladie se manifeste généralement à partir de 40 ans.
Je fais de l’hypertension, ai-je plus de risque de développer un glaucome ?
Non. La pression oculaire n’est pas liée à la pression artérielle, ni aux efforts visuels ou au stress. Si votre tension artérielle est élevée, cela ne va pas augmenter le risque de développement d’un glaucome et, à l’inverse, une pression artérielle “normale” ne va pas vous en prémunir.
Certaines activés peuvent-elles provoquer l’apparition d’un glaucome ?
C’est peu probable. Certaines activités peuvent provoquer une augmentation temporaire de la pression intraoculaire, tel que jouer d’un instrument à vent (comme la trompette) ou certaines postures de yoga (tête en bas). Il est cependant fort peu probable que ces courtes périodes de pression intraoculaire élevée puissent contribuer à des lésions du nerf optique.
Les personnes atteintes d’un glaucome ont-elles un voile gris dans les yeux ?
Dans le cas d’un glaucome à angle ouvert, le plus souvent diagnostiqué, la réponse est non. L’œil conserve une apparence parfaitement normale.
En revanche, dans le cas d’un glaucome aigu, la pression peut modifier l’apparence de la cornée qui, normalement transparente, peut prendre une apparence grisâtre et laiteuse. Cela s’accompagne d’autres symptômes (douleur intense, rougeurs) et constitue une urgence médicale.
Cela étant dit, le voile gris est la plupart du temps associé à la cataracte, une maladie qui affecte l’opacité du cristallin, la lentille naturelle située à l’intérieur de l’œil.
Puis-je développer un glaucome qu’à un seul œil ?
Dans la majorité des cas de glaucome à angle ouvert, la maladie finit par toucher les deux yeux, mais elle commence souvent de façon très asymétrique. Un œil peut être déjà atteint (nerf optique abîmé) alors que l’autre reste parfaitement sain pendant plusieurs années.
La crise de glaucome aigu par fermeture de l’angle survient généralement sur un seul œil à la fois. Cependant, comme l’anatomie des deux yeux est souvent similaire (si vous êtes hypermétrope d’un œil, vous l’êtes souvent de l’autre), l’œil qui n’a pas fait de crise est considéré comme « à haut risque ».
Dans ce cas, l’ophtalmologue traite souvent l’œil sain préventivement (par laser) pour éviter qu’il ne subisse la même crise plus tard.