Découvrez le Goalball avec Ibrahim

Ibrahim est non-voyant de naissance, mais quand il joue au Goalball, ça ne se voit pas. Découvrez ce sport paralympique créé pour les personnes déficientes visuelles, mais ouvert à tous, à travers son témoignage.

Ibrahim, d’où t’est venue l’envie de pratiquer ce sport ?
C’est venu assez tard. J’avais déjà des cours de gym à l’école, et comme j’étais dans une école spécialisée, j’ai vite été amené à faire du vélo en tandem. Ensuite, j’ai découvert le Torball – une version allemande et un peu différente du sport que je pratique actuellement. Mais ce n’est qu’à 26 ans que j’ai commencé avec le Goalball.

Le Goalball, c’est quoi ?
C’est un sport avec un ballon qui a la taille d’un ballon de basket, mais qui pèse 1,25 kg. Ce ballon est muni de clochettes, à l’intérieur, qui permettent de le repérer quand on le lance sur le terrain long de 18 mètres avec 9 mètres de large. C’est l’équivalent d’un terrain de volleyball. Dans le Goalball, on joue à 3 contre 3. Chacun a sa zone. L’attaquant a sa zone qui s’étend de 0 à 6 mètres. Le défenseur va aussi évoluer sur 6 m. Le but du sport, c’est de marquer des buts en veillant à ne pas dépasser ces zones. Et au milieu, il y a une zone « neutre » entre 6 et 12 mètres. Quand je cours, je n’ai le droit de courir que jusqu’à 6 mètres. Si j’ai trop d’élan et que je dépasse cette zone, c’est faute.

La notion d’espace est donc très importante. En tant que non-voyant, comment fais-tu pour te repérer ?
Chacun des 3 joueurs a son poste, mais heureusement, il y a des repères. Au sol, des cordes permettent de délimiter chaque zone. D’autres cordes (horizontales ou verticales) indiquent la distance : 1 mètre, 3 mètres, 6 mètres… Ces cordes sont des indicateurs tactiles : on peut les toucher avec les pieds et donc facilement savoir où on se situe. En tant que défenseur, je dois écouter le ballon et le défendre avec mon corps. Pour savoir si c’est un ballon bondissant, droit ou croisé, je dois constamment analyser les sons du ballon.

« Pour savoir si c’est un ballon bondissant, droit ou croisé, je dois constamment analyser les sons du ballon. »

Ibrahim Tamditi, joueur de Goalball
Au Goalball, les clochettes c’est pas pour les fées !

Est-ce que c’est un sport physique ?
Oui, c’est très physique. En théorie, un match dure 2 fois 12 minutes. Mais à chaque fois qu’une faute est commise, que le ballon sort ou qu’il y a un temps mort, le chrono s’arrête. En pratique, un match dure donc entre 45 et 50 minutes. C’est donc très physique, parce qu’il faut aller au sol, défendre le ballon avec son corps, courir vite, revenir à sa place, etc. Au moment où le ballon entre en contact avec toi, tu n’as que 10 secondes pour le lancer. Si le ballon reste en ta possession plus longtemps, c’est aussi une faute… Et alors, tu dois défendre le terrain tout seul.

Dix secondes de possession de balle, une concentration de tous les instants, une balle qui pèse 1,25 kilos… La vitesse, ça fait aussi partie du jeu ?
Si tu lances la balle avec beaucoup d’élan, elle peut atteindre une vitesse de 100 km/h. Le ballon met donc 2 secondes pour traverser le terrain. Mais souvent, on préfère jouer avec des ballons bondissants parce que c’est moins prévisible. Même si tu entends où se trouve le ballon, ça ne l’empêche pas de passer au-dessus de toi. Ça rajoute un peu de piment !

Le Goalball est encore peu connu. Pourquoi ?
C’est un sport très peu connu en Belgique – contrairement au Cécifoot auquel les gens s’identifient plus facilement – parce qu’il a des racines américaines. Chez nous, c’est le Torball – plus soft et d’origine allemande – qui s’est développé en Europe. La différence, c’est que le Goalball est reconnu comme un des sports paralympiques. C’est donc un sport qui donne la possibilité aux futurs joueurs d’entrer dans l’équipe nationale, de défendre nos couleurs à l’international et de participer aux Jeux Paralympiques de Paris en 2024.

Combien existe-t-il de clubs en Belgique ?
En Belgique, on a une dizaine de clubs dont la plupart sont néerlandophones. Il y a des clubs à Anvers, à Bruges, mais étonnamment, il n’y a pas de club à Liège, ni à Namur… Et même s’il y a la volonté de créer un club à Mons, le seul club francophone du pays est à Bruxelles. C’est l’Ha. Vi. 2, dans lequel joue Kilson Malpreni, considéré comme un des meilleurs joueurs de Goalball au monde.

Ton club, le Ha. Vi. 2, est très dynamique. Tu participes parfois à des tournois ?
Notre club a déjà organisé un tournoi féminin en 2018, mais pour la première fois, nous organisons un tournoi international masculin. Le « Segel » qui se veut l’équivalent de la Champion’s League de football… Ces 6 et 7 août, nous allons accueillir les deux meilleurs clubs de Lituanie (c’est la référence dans le milieu), de Finlande, d’Angleterre, du Danemark et d’autres pays. Il y a deux pools : le Nord et le Sud. Nous, nous sommes le meilleur club de Belgique. Pendant deux rencontres, on essaiera de se qualifier pour la finale qui aura lieu en octobre, au Portugal.

Initialement, le Goalball a été créé pour les personnes aveugles et malvoyantes. Est-ce un sport accessible aussi aux voyants ?
Oui, les voyants peuvent aussi en faire l’expérience. D’ailleurs, par souci d’égalité, tous les joueurs portent un cache opacifiant sur les yeux. Le seul souci, c’est que le joueur voyant n’a pas le droit de représenter la Belgique lors de compétitions internationales. Il y a plusieurs classifications (de B1 à B3) selon que tu sois aveugle, malvoyant ou que tu vois un peu. Mais quand tu es B4, et donc voyant, tu peux jouer en club et tu es plus que le bienvenu, mais tu ne peux pas faire partie de l’équipe nationale.


L’HISTOIRE DU GOALBALL
Imaginé en 1955 dans un centre de réadaptation pour blessés de guerre, ce sport est dérivé du Torball et initialement réservé aux déficients visuels. Discipline paralympique, le goalball se joue essentiellement au sol. Il exige une attention extrême et implique de faire confiance à ses coéquipiers. Il requiert aussi une très bonne capacité de localisation dans l’espace. Il existe aujourd’hui 2 compétitions européennes et 2 mondiales.

👉🏻 Les règles du jeu
L’objectif est de marquer un maximum de buts en faisant rouler un ballon sonore (1,25 kg) dans le but opposé. Chaque équipe est composée de 3 joueurs qui sont, tour à tour, défenseur et attaquant. Durant un match, les joueurs utilisent tout leur corps pour arrêter le ballon et ne peuvent pas parler entre eux. Les équipes s’affrontent sur un terrain de 18 sur 9 mètres, soit un peu plus grand qu’en Torball. Une compétition de Goalball dure 2 x 12 minutes, avec une pause de 3 minutes entre les deux.


Retrouvez Ibrahim et ses coéquipiers lors de la Champion’s League de Goalball. Celle-ci se tiendra au Palais du Midi, au cœur de Bruxelles, les 6 et 7 août prochains.
Plus d’infos sur le site du club Ha. Vi. 2 et sur le flyer ci-dessous ⤵️

Julia, 12 ans, élève malvoyante

Julia, 12 ans, est accompagnée depuis 6 ans par Eqla. Elle vient de terminer ses primaires. Toutes nos équipes sont engagées à ses côtés pour qu’elle puisse continuer à suivre ses cours dans l’enseignement ordinaire, comme tout le monde…

Julia, peux-tu nous parler du tandem que tu formes avec Pascale, ton accompagnatrice chez Eqla ?
Pascale m’accompagne depuis le début de ma scolarité, à raison de 3 matinées par semaine. Elle m’aide surtout pour les cours de géographie ou de géométrie, des cours où le visuel est important. Avec Pascale, on se comprend vite. Elle est là pour me faciliter les manipulations mais aussi pour m’apporter d’autres éléments de compréhension. Par exemple, la situation géographique d’un pays sur une carte.

Dans la pratique, quelle aide t’apporte Eqla ?
Eqla adapte mes cours, mes interros et mes examens en braille et sur d’autres supports. Ils adaptent aussi mes réponses dans un format lisible par les profs. Par exemple, lorsqu’on me demande de souligner en rouge dans le texte un élément grammatical… ce qui m’est difficilement réalisable. J’utilise également une TV-loupe qui me permet de suivre le cours sur le tableau, en agrandissant la matière sur mon écran. Pascale m’a convaincu d’apprendre le braille, ce que j’ai fait. À présent, j’utilise également une barrette braille pour lire mais également répondre aux questions posées lors d’une interrogation. Cet apprentissage est difficile mais nécessaire pour la continuation de mes études.

Pascale, comment as-tu vécu l’accompagnement de Julia dans l’école primaire de Masnuy-Saint-Jean ?
Avant tout, je suis émue et fière du travail accompli par Julia et la brillante acquisition de son CEB. Julia est une enfant qui sait ce qu’elle veut. Elle a un caractère bien trempé mais, au final, quel plaisir d’accompagner cette grande sœur exemplaire et déterminée ! Cet accompagnement est réalisable grâce aux deux perles que sont Madame Biaggi et Madame Bienfait, ses institutrices. Elles ont tout mis en œuvre durant la scolarité de Julia pour qu’elle se déroule au mieux. Enfin, je ne suis pas seule à « accompagner » Julia… Elle doit beaucoup à Rosella, sa transcriptrice chez Eqla. C’est elle qui adapte les cours et les ouvrages qui permettent à Julia de suivre sa scolarité « comme tout le monde ».

« La réussite scolaire ne sert à rien si le jeune est malheureux. »

Pour toi, un accompagnement scolaire efficace, c’est quoi ?
Il est important d’établir une collaboration entre l’élève, l’accompagnatrice et l’institutrice afin que tout se passe le plus naturellement possible. Nous, les accompagnants, on vise davantage le bien-être social du jeune plus que la réussite scolaire. La réussite ne sert à rien si le jeune est malheureux, s’il n’a pas de contacts avec les autres. Les parents, les professeurs ont quelquefois du mal à entendre cela.

Selon toi, est-ce une bonne chose que les enfants déficients visuels soient intégrés dans l’enseignement général ?
L’inclusion dans les écoles ordinaires leur permet d’évoluer dans un monde où ils sont beaucoup plus stimulés. Cela leur donne une ouverture très importante puisque plus tard, ils ne vivront pas dans un milieu de personnes aveugles. On remarque que depuis qu’il y a de l’inclusion, il y a une belle évolution dans l’autonomie des jeunes aveugles dans les activités de la vie journalière. Les enfants qui bénéficient d’un accompagnement depuis leur plus jeune âge ont déjà une autonomie non négligeable. Vivement l’année prochaine, pour une nouvelle étape dans la vie de Julia : les secondaires !


PLUS D’INFOS SUR L’ACCOMPAGNEMENT SCOLAIRE D’EQLA ?
Surfez sur
https://eqla.be/accompagnement/accompagnement-scolaire/
ou contactez :
👉🏻 Bénédicte Frippiat – Directrice générale, responsable de l’accompagnement scolaire wallon
☎️ au 02 241 65 68
📧 ou par mail via benedicte.frippiat@eqla.be


👉🏻 ou Claire Heurckmans – Directrice Accompagnement Bruxelles
☎️ au 02 241 65 68
📧 ou par mail via
claire.heurckmans@eqla.be


🙏🏻 VOUS VOULEZ SOUTENIR D’AUTRES ÉLÈVES AVEUGLES OU MALVOYANTS ?
💖 Faites un don sur notre compte IBAN BE06 0012 3165 0022 avec la communication «JULIA» ou surfez sur www.jesoutienseqla.be


Retrouvez le reportage vidéo du Journal des enfants (L’Avenir) sur Julia et son accompagnatrice Pascale ci-dessous ⤵️

Vers La Lumière 421

Le nouveau numéro du Vers La Lumière vient de sortir.

Découvrez ce numéro en PDF sur notre site, et retrouvez directement toutes les activités dans l’agenda en ligne !

Si vous souhaitez recevoir le Vers La Lumière en papier, en braille, en CD, en DAISY ou par mail (en word ou PDF), contactez-nous !

Space Camp 2022 : votre générosité peut créer une vocation


Vous voulez faire un don utile, capable de changer une vie ? Aidez nos jeunes déficients visuels à suivre un véritable entraînement d’astronaute au Space Camp for Interested Visually Impaired Students (SCIVIS), aux États-Unis.

Depuis 2016, Eqla accompagne chaque année 2 Belges dans un camp spatial dédié et adapté aux jeunes déficients visuels. Du 18 au 23 septembre 2022, le Space Camp for Interested Visually Impaired Students (SCIVIS) réunira 180 jeunes déficients visuels à Huntsville en Alabama pour une aventure de 6 jours.

Le SCIVIS, c’est quoi ?

Dans cette ville mythique des débuts de la conquête spatiale américaine, se tiennent depuis longtemps des stages et camps d’initiation au spatial. Depuis 32 ans, en plus des camps pour voyants, des camps adaptés pour déficients visuels sont organisés avec des délégations américaines et étrangères. Au programme : des expériences scientifiques, des entraînements en immersion, la construction d’un bouclier thermique, des simulations de micro-gravité, du « véritable » Moonwalk…

Quelle valeur ajoutée ?

Ce camp est l’occasion pour ces jeunes de vivre l’entrainement d’un·e astronaute avant une mission spatiale, d’acquérir des connaissances pratiques et théoriques et surtout, de développer leur capacité à surmonter des épreuves dans des conditions proches de celles d’une mission dans l’espace. Ce stage est aussi l’occasion pour les participants de rencontrer des jeunes du monde entier, de tisser des liens et de partager leurs expériences de vie.

Pourquoi nous soutenir ?

Eqla est la seule association à représenter la Belgique au SCIVIS, mais sans subsides, nous finançons ces séjours sur fonds propres. Les frais de participation s’élèvent à +/- 2500 € par personne. L’équipe se compose de 2 jeunes et de 2 adultes accompagnants. Aujourd’hui, nous avons le souhait de pérenniser la participation de jeunes Belges déficients visuels aux éditions futures.



➡️ Vous souhaitez nous aider ?



👉🏼 Quel est l’impact de mes dons ?

  • Avec un don de 60 €, vous parrainez l’hébergement d’un de nos jeunes (1 nuitée).
  • Avec 100 €, vous financez une partie du vol A/R (si 8 personnes donnent 100 €, le vol est totalement financé).
  • Avec 1060 €, vous financez la totalité du Space Camp d’un jeune.

Retrouvez le reportage vidéo d’Hugo et Samuel, partis au SCIVIS en 2021, ci-dessous ⤵️

Le rapport d’activités 2021 est sorti !

Le rapport d’activités 2021 d’Eqla a été approuvé par l’AG du 18 mai 2022.

Vous le trouverez donc ci-dessous.

Au sommaire de ce rapport :

  • Eqla
  • Organigramme
  • L’équipe en 2021
  • Les chiffres clés
  • Pôle accompagnement
  • Eqla en 2021
  • Pôle culture
  • Pôle formation & volontariat
  • Pôle transcription & adaptation
  • Pôle administration & finances
  • Pôle communication & partenariats
  • 100 ans d’accompagnement

Bonne lecture !

Téléchargez ici notre rapport d’activités 2021.

Journée Mondiale dédiée à l’accessibilité numérique

19 mai 2022 : Journée Mondiale dédiée à l’accessibilité numérique
Le jeudi 19 mai 2022, on célèbre la 11e Journée mondiale de sensibilisation à l’accessibilité numérique (#GAAD). L’objectif : inciter tout le monde à parler, à réfléchir et à s’informer sur l’accès et l’inclusion numériques, et sur le milliard d’internautes porteurs de handicap dans le monde.

Depuis deux ans, Eqla sensibilise beaucoup sur ce sujet. Nous formons déjà des personnes déficientes visuelles au codage, au développement et à l’accessibilité numérique via nos formations BlindCode. Nous aidons aussi plusieurs services publics à améliorer l’accessibilité de leurs sites internet et de leurs applications. Sous la houlette du CAWaB, qui a été mandaté par le CIRB (le Centre Informatique de la Région Bruxelloise), Eqla a notamment apporté des recommandations pour rendre les services publics numérisés (SPN) accessibles et inclusifs.

Mais aujourd’hui, notre association ne peut plus se contenter de paroles et de propos lénifiants. Il faut des actes et des actes forts pour que le droit à l’accessibilité soit enfin reconnu dans ce pays. Or, dans ce domaine, la Belgique et plusieurs de ses voisins européens accusent un sérieux retard. Dans son tout premier état des lieux sur l’accessibilité numérique en Belgique, le BOSA, organe de contrôle de l’accessibilité des sites publics au niveau fédéral, a montré que les sites internet des services publics ne sont toujours pas très accessibles aux personnes porteuses de handicap.

Un constat en dents de scie

En 2021, 45,6% des 572 sites contrôlés par une méthode dite simplifiée (méthode largement automatisée) ne sont pas accessibles et seuls 18% des sites ont publié une déclaration d’accessibilité. Sur les 31 sites contrôlés par la méthode approfondie (méthode respectant tous les critères de la directive européenne), aucun ne respecte l’ensemble des critères d’accessibilité. Cette méthode constitue le seul véritable moyen de pouvoir évaluer le niveau réel d’accessibilité des sites internet. Cette analyse permet de conclure qu’aucun des sites audités n’est 100% accessible.

L’année dernière, l’UE a dirigé le plus vaste audit d’accessibilité au monde. Chaque État membre de l’UE a l’obligation de réaliser un contrôle annuel de l’accessibilité de ses outils numériques et de faire rapport de ses conclusions à la Commission européenne tous les trois ans. Dans son tout premier rapport sur l’application de cette directive, il apparaît que parmi les 800 sites internet des services publics qui ont été contrôlés en Europe, il n’y a que 4 sites internet qui s’avèrent complètement accessibles. Du côté des applications mobiles, les résultats sont légèrement plus encourageants, avec huit (8) applications totalement accessibles sur 286 auditées.

Un cadre légal peu suivi

En vertu de la Directive européenne sur l’accessibilité numérique, transposée en droit belge en 2018, toutes les institutions gouvernementales au sein de l’Union européenne (UE) étaient tenues de garantir avant juin 2021 l’accessibilité de leurs sites web et applications mobiles pour les personnes en situation de handicap. Dès 2025, une nouvelle directive s’appliquera à de nombreux domaines du secteur privé.

« Dans une société inclusive, les personnes handicapées peuvent communiquer, échanger et participer à la société comme tout un chacun, explique Serge Denis, expert en accessibilité numérique et formateur chez Eqla. Le numérique est une chance pour construire cette société. Pour cela, les applications et sites web doivent être pensés et conçus en respectant les principes de l’accessibilité numérique les plus en phase avec les usages réels. »

Qu’est-ce que l’accessibilité ?

L’accessibilité numérique est un droit fondamental. C’est donner accès à la totalité des contenus et des fonctionnalités d’un site, d’un service numérique ou d’une appli à tout le monde, indépendamment des contraintes techniques, matérielles et physiques.

Les 4 principes fondamentaux de l’accessibilité numérique tels que définis par le W3C, l’organisme international chargé de définir les standards techniques liés au web, sont :

  • Perceptible :
    Les informations diffusées doivent toujours être disponibles pour tous les utilisateurs.
  • Utilisable :
    Tous les éléments actifs du site (liens, boutons, etc.) et les systèmes de navigation doivent être facilement utilisables.
  • Compréhensible :
    L’intégralité du site (ses informations et son utilisation) doit être compréhensible pour l’ensemble de ses utilisateurs.
  • Robuste :
    Le site doit être supporté par tous les navigateurs et compatible avec les technologies d’assistance.

Chaque situation de handicap a effectivement des spécificités propres qui vont avoir un impact sur la manière que tout un chacun a de naviguer sur Internet, le plus souvent avec des outils spécifiques.

 

Plus d’infos

Inscrivez-vous aux ateliers «Rebondir»

Très souvent liée au vieillissement, la déficience visuelle peut faire basculer la vie. Aux pathologies visuelles qui perturbent tous les repères, s’ajoutent souvent bien d’autres problématiques : la difficulté d’en parler, la peur de devenir aveugle, l’isolement, le doute de ne pas pouvoir vivre «comme avant». Comment rebondir et poursuivre son parcours avec une déficience visuelle ? 

Malgré la cécité, la déficience visuelle et la baisse de vision inéluctable, il existe des solutions pour préserver votre autonomie, pour accéder à la culture, aux loisirs et aux divertissements, pour garder une vie sociale et professionnelle riche. Et pour vivre… comme tout le monde.

👉🏼 Vous êtes malvoyant (e) ? Vous êtes un proche de personne malvoyante ? Vous êtes un professionnel de santé ou du secteur médico-social ? Vous accompagnez des personnes malvoyantes ?

➡️ Découvrez nos cycles d’ateliers « Rebondir », téléchargez notre flyer et parlez-en autour de vous.

Les ateliers rebondir, c’est quoi ?

La déficience visuelle peut survenir à tout âge. Elle provoque toujours un changement important dans les habitudes de vie.
Eqla propose un cycle de 5 ateliers de développement personnel pour aider les personnes qui éprouvent des difficultés à rebondir avec un handicap visuel et pour les guider vers une attitude résiliente.
La résilience est la capacité d’assimiler un traumatisme pour amorcer une nouvelle étape de sa vie, de s’adapter à son handicap, de poursuivre son parcours, de rebondir pour se reconstruire.

Pour qui ?

Ce cycle est proposé à toutes personnes souffrant de déficience visuelle, désireuses de développer une attitude résiliente pour améliorer leur inclusion et leur épanouissement. Le groupe sera composé de maximum 8 personnes.

Les animateurs ?

Ce cycle d’ateliers est animé par :

  • Jean-Luc Pening, non-voyant, coach et mentor
    Formé par l’International Coaching Federation et l’Ecole Européenne d’Administration
  • Brigitte Bamps, accompagnatrice sociale en Wallonie chez Eqla

Vous souhaitez plus d’infos ?

➡️ Deux séances d’information préalables seront organisées :

  • le 09 mai à 13h30 à Louvain-la-Neuve
  • le 16 mai à 13h30 en vidéo-conférence Zoom

Cycle « Rebondir » — 5 dates

26 septembre 2022 : Qui suis-je aujourd’hui ?
Faire connaissance au travers de questions identitaires : Qui étais-je hier ? Comment je vis mon handicap ? Quelle continuité possible dans mon identité quand mon existence est bouleversée ?

17 octobre 2022 : Moi et les autres
Se révéler au travers des questions relationnelles : Comment je me sens face aux autres ? Comment j’ai l’impression qu’ils me perçoivent ? Qu’est-ce qui a changé dans mes relations ? Qu’est-ce que ça m’a fait ? Qu’est-ce que j’en fais ?

14 novembre 2022 : Moi et mes proches
Comprendre et chercher des pistes pour gérer mes relations avec mes proches, lesquelles sont parfois les plus complexes : culpabilité, dépendance, souffrance, difficultés de communication…

12 décembre 2022 : Quelle liberté ?
Entrevoir de nouvelles possibilités pour se sentir plus libre et respirer : Comment peut-on se sentir libre lorsqu’on est porteur d’un handicap et qu’on vit dans une société qui nous paraît trop rapide, pas toujours accessible, ignorante, normative… ?

09 janvier 2023 : Et après ?
Ouvrir des portes et mettre en place des actions vers des projets pour demain : comment remettre en route mes projets ? Comment me réaliser à nouveau ? Qu’est-ce qui peut m’aider ou au contraire m’empêcher de me reconstruire ?


Renseignements et inscriptions :

Brigitte Bamps – accompagnatrice sociale chez Eqla
☎️ par téléphone au 0492/97.50.57
📧 par mail via brigitte.bamps@eqla.be

Inscription obligatoire pour l’ensemble des 5 séances

Frais de participation : gratuit


Adresse des rencontres :

Eqla—Antenne du Brabant Wallon
Chez Regus – Place de l’Université 16
1348 Louvain-la-Neuve


Marc, « donneur de voix » bénévole

Bariton dans une chorale, conteur et animateur de tables de conversation, Marc a consacré sa vie à l’aide aux enfants. Depuis 4 ans, Marc est lecteur bénévole chez Eqla. Il enregistre des livres audio pour les personnes déficientes visuelles.

Marc, quel a été votre parcours avant de devenir bénévole chez Eqla ?
Retraité depuis sept années d’une vie dans le social en tant qu’éducateur, je suis titulaire de 3 diplômes. Ces études m’ont permis d’orienter ma carrière professionnelle dans une démarche réfléchie et pleine de sens : l’aide à la jeunesse. J’ai toujours voulu être un acteur du changement à mon échelle, un peu comme Eqla l’est pour les personnes déficientes visuelles. Approchant de la fin de ma carrière et afin de ne pas redouter ce moment, j’ai décidé de noter sur un carnet mes envies d’après ! Et parmi ces mémos, j’avais inscrit : « donneur de voix ».

Pourquoi avoir rejoint une association comme Eqla ?
Comédien amateur et très grand consommateur de livres de tous genres, j’avais entendu par hasard qu’une organisation, l’ONA à l’époque, recherchait des voix pour enregistrer des livres pour les aveugles et les malvoyants. Je m’y suis donc présenté sans hésiter et depuis 4 années, je suis devenu un des 30 donneurs de voix chez Eqla. Pour moi, la lecture est une ouverture essentielle à l’apprentissage, à la découverte de nouveaux mondes. La lecture est un enrichissement personnel, c’est pourquoi j’essaie de partager des sentiments et des émotions à travers mes lectures aux déficients visuels qui sont privés par leurs yeux de cet art qu’est la lecture.

Qu’est-ce que cela vous apporte personnellement ?
Pour moi, lire un livre pour des personnes déficientes visuelles s’apparente à un moment rare, à un moment éphémère. Je compare cette démarche à un mandala dans le sable réalisé par les moines bouddhistes. De la création à la destruction du moment. Ce que j’offre aux auditeurs déficients visuels est un moment immatériel et qui vaut à la fois un tout et un rien pour nos membres. Que je lise devant un micro dans le studio ou devant un auditoire de 300 personnes, pour moi l’instant est le même. C’est un moment de partage unique. À l’heure actuelle, je participe au prix Horizon pour lequel je lis un livre à un panel de membres déficients visuels. Ces rencontres avec les bénéficiaires sont importantes, cela me permet d’avoir un retour sur ma lecture et sur le ressenti des lecteurs audios.

« J’ai toujours voulu être un acteur du changement. »

Lit-on différemment pour le public déficient visuel ?
Quand on lit à un public déficient visuel, on adapte son rythme et sa voix afin d’être le plus clair et donc le plus compréhensible possible pour nos auditeurs. J’ai une petite anecdote à vous partager : il arrive souvent qu’à la fin d’une phrase vienne se cacher un « murmura-t-il ». Dans ce cas, alors que j’avais pris ma plus belle voix, je dois recommencer la prise en murmurant réellement.

Pour moi, ces lectures me rappellent mes souvenirs de théâtre. Chez Eqla, nous lisons également pour un public dans l’incapacité de lire pour des raisons de santé. Comme par exemple pour une personne qui doit suivre des séances de chimio. Les livres audio ont un impact encore plus fort grâce au travail de notre association.

Avez-vous fait une découverte littéraire chez Eqla ?
Si je devais vous partager un livre, ça serait le suivant : « Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018. Généralement lorsqu’on enregistre un livre, on se retrouve en studio 2 heures par semaines avec Laetitia. Si mes souvenirs sont bons, ce livre de 450 pages m’a pris 24 heures d’enregistrement… mais j’en garde un très bon souvenir !


Vous voulez devenir volontaire chez Eqla ?
Surfez sur
https://eqla.be/agir/volontariat/
ou contactez Catherine Borgers, directrice du pôle Formations & Volontariat
☎️ au 02 241 65 68
📧 ou par mail via catherine.borgers@eqla.be


🎙️ Découvrez les « Donneurs de voix »
🎧 Chaque mois, retrouvez un nouveau texte et une nouvelle voix sur le site web www.donneursdevoix.be, et sur les plateformes Spotify, Apple Music et Deezer.


Retrouvez le reportage vidéo de BX1 sur Marc et les « Donneurs de voix » ci-dessous ⤵️

Vers La Lumière 420

Le nouveau numéro du Vers La Lumière vient de sortir.

Découvrez ce numéro en PDF sur notre site, et retrouvez directement toutes les activités dans l’agenda en ligne !

Si vous souhaitez recevoir le Vers La Lumière en papier, en braille, en CD, en DAISY ou par mail (en word ou PDF), contactez-nous !

 

Semaine mondiale du Glaucome: faites-vous dépister !

Semaine mondiale du glaucome : faites-vous dépister.


La Semaine Mondiale du Glaucome se tient du 6 au 12 mars 2022. En Belgique, Eqla est engagée dans la lutte contre le glaucome et rappelle chaque année l’importance d’un examen régulier chez l’ophtalmologiste à partir de 40 ans.

Qu’est-ce que le glaucome ?

Deuxième cause de cécité dans le monde, cette maladie oculaire est associée à la destruction progressive du nerf optique, le plus souvent causée par une pression trop importante à l’intérieur de l’œil. En Belgique, plus de 250 000 de personnes seraient concernées, dont 50 % qui l’ignorent. À l’échelle mondiale, le glaucome touche environ 100 millions de personnes. Si des traitements permettent de stopper son évolution, il est impossible de restaurer la vision lorsque la maladie est déjà à un stade avancé. Seule solution pour contrer cette pathologie insidieuse ? Un dépistage précoce.

Une maladie asymptomatique

Cette maladie est sournoise car elle est sans symptôme jusqu’à un stade avancé. Seuls un suivi régulier chez l’ophtalmologiste, une prise en charge précoce et la mise en place d’un traitement adapté permettent d’éviter d’importantes pertes du champ visuel. Environ 30 % des glaucomes ayant un caractère héréditaire, le dépistage doit être renforcé dans les familles présentant des antécédents.

Par ailleurs, l’augmentation de l’âge, une très forte myopie, une hypertension, un diabète, une apnée du sommeil ou encore la prise prolongée de corticoïdes peuvent accroître le risque de développer la maladie. Si les plus de 40 ans sont principalement concernés, elle peut néanmoins se manifester à tout âge.

Attention à certains signes

Les symptômes qui peuvent mettre la puce à l’oreille ? Douleurs oculaires, vision soudainement floue, œil rouge, perception de halos colorés autour des lumières, sensibilité extrême à la lumière, nausées et vomissements, maux de tête récurrents.

De nouveaux traitements en Belgique

Istar Medical, société basée à Wavre, a développé un implant ophtalmique, un dispositif que l’on introduit dans l’œil pour permettre le drainage de l’œil et combattre ainsi le glaucome. Ce dispositif de chirurgie micro-invasive du glaucome est désormais homologué en Europe pour les personnes atteintes de glaucome à angle ouvert, et un premier patient a déjà bénéficié de cette chirurgie en Allemagne. De son côté, EyeD Pharma travaille également sur un implant intra-oculaire en polymère. Il libère lui-même la quantité prédéterminée de médicament par jour.

Où se faire dépister ?

Le dépistage du glaucome s’effectue à l’aide de plusieurs examens comme : la mesure du champ visuel, l’examen du fond d’œil qui permet d’analyser l’état du nerf optique, ainsi que la mesure de la pression intraoculaire. L’examen est indolore, ne dure que quelques secondes et n’incommode pas la vue et n’empêche pas de reprendre ses activités par la suite.

Dans le cadre de la semaine du glaucome, quelques hôpitaux proposent un dépistage gratuit.

N’hésitez pas à vous renseigner dans l’hôpital le plus proche de chez vous !