Eqla lance une expo à visiter les yeux fermés

Du 17 novembre 2022 au 8 janvier 2023, le Delta et Eqla s'associent pour vous convier à une expérience inédite : découvrir un parcours d'art contemporain les yeux bandés.

Dans le cadre de son centenaire, Eqla a fait appel à des artistes contemporains venus d’horizons divers et les a invités à réaliser une œuvre originale autour des sens ou de la perception.

Des œuvres accessibles à tous
Ce projet d’exposition inédit a pour objectif de sensibiliser le grand public aux difficultés rencontrées par les personnes aveugles ou malvoyantes pour accéder à l’art et à la culture, d’interroger les artistes sur le processus de création et de proposer aux personnes déficientes visuelles une exposition qui leur soit directement accessible, sans adaptation.

Huit photographes aveugles et malvoyants
En réponse à ces œuvres créées pour être appréhendées sans la vue, huit personnes déficientes visuelles exposent chacune une œuvre photographique ! Un regard croisé qui questionne notre perception du monde qui nous entoure et celle que des personnes déficientes visuelles peuvent en avoir.

Avec les œuvres de : Laetitia Bogaert, Hinda Brahem, Olivier Calicis, Virginie Collard, Jean-Henri CompèreKikie Crêvecoeur, Estelle Czernichowski, Lola Deleuze, Pascale Deneyer, Maren Dubnick, Didier Goetghebuer, André Gorgan, Isabelle Hautefenne, Jean Hendrickx, Eric Heyters, Arthur Jules, Christine Keppens, Julie Luyckx, Françoise Maes, Laurence Michel, Rudy Morren, Olivier Pestiaux, Katty Severino, Daniel Timson, Cécile Todoroff et Thomas Turine.

Vous voulez visiter l’expo ?
L’exposition est accessible du mardi au vendredi de 13h à 18h (de 11h à 18h en période de congés scolaires), les samedis et dimanches de 10h à 18h.

Pour les groupes (à partir de 10 personnes), une demande de réservation doit être transmise préalablement à la visite à l’adresse mediation@province.namur.be.

Les œuvres exposées sont commentées par les artistes, en audio.
Ces commentaires sont accessibles grâce à des codes QR et une appli.

Natacha Régnier, “donneuse de voix” pour Eqla

Depuis janvier, douze auteurs et autrices belges francophones ont chacun écrit une nouvelle autour des sens ou de la perception pour marquer le 100e anniversaire d'Eqla. Douze acteurs et actrices belges ont enregistré ces textes pour les rendre accessibles aux personnes aveugles et malvoyantes, ainsi qu'à tous les amateurs de livres audio.

Les auteurs et autrices sont issues du slam, de la littérature jeunesse, du polar, du roman et même de la poésie. Parmi ces auteurs, on retrouve des signatures comme Caroline Lamarche, Adeline Dieudonné, Xavier Deutsch et Michel Torrekens. Les textes ont été enregistrés entre autres par Bruno Coppens, Yolande Moreau, Virginie Hocq, François Damiens, Bruno Coppens, Jean-Luc Fonck ou encore Fabrizio Rongione.

Ce mois-ci, découvrez « Inès », la nouvelle audio d'Adeline Dieudonné lue par Natacha Régnier.

Cette nouvelle haletante, aux allures de thriller psychologique, est écrite sous la forme d’un monologue mis en voix par la comédienne Natacha Régnier (César du meilleur espoir féminin pour « La vie rêvée des anges » d'Erick Zonca). Comme dans le roman « Dolores Claiborne » de Stephen King, Inès est interrogée par la police car elle est suspectée du meurtre d’un homme.

Vous voulez écouter d’autres nouvelles ?
Chaque mois, écoutez gratuitement un nouveau texte et une nouvelle voix sur www.donneursdevoix.be et Apple Podcasts, Deezer, Spotify.

Bouli Lanners, “donneur de voix” pour Eqla

Depuis janvier, douze auteurs et autrices belges francophones ont chacun écrit une nouvelle autour des sens ou de la perception pour marquer le 100e anniversaire d'Eqla. Douze acteurs et actrices belges ont enregistré ces textes pour les rendre accessibles aux personnes aveugles et malvoyantes, ainsi qu'à tous les amateurs de livres audio.

Les auteurs et autrices sont issues du slam, de la littérature jeunesse, du polar, du roman et même de la poésie. Parmi ces auteurs, on retrouve des signatures comme Caroline Lamarche, Adeline Dieudonné, Xavier Deutsch et Michel Torrekens. Les textes ont été enregistrés entre autres par Bruno Coppens, Yolande Moreau, Virginie Hocq, François Damiens, Bruno Coppens, Jean-Luc Fonck ou encore Fabrizio Rongione.

Ce mois-ci, découvrez « Légère Altitude », la nouvelle audio d'Éric Piette lue par Bouli Lanners.

Cette nouvelle audio nous plonge dans le quotidien de Joël, un « voyageur hypnotisé dans un compartiment de train de nuit ». La nouvelle est construite comme des agrandissements successifs d’une même image, permettant de voir toujours plus de détails et de dévoiler le secret que porte Joël.

Vous voulez écouter d’autres nouvelles ?
Chaque mois, écoutez gratuitement un nouveau texte et une nouvelle voix sur www.donneursdevoix.be et Apple Podcasts, Deezer, Spotify.

Dans la presse : Bouli Lanners interviewé par Paris Match Belgique

Paris Match Belgique a rencontré Bouli Lanners pour discuter de la lecture et de l’importance de raconter des histoires. Découvrez cette rencontre en vidéo sous ce lien.

Vers La Lumière 422

Le nouveau numéro du Vers La Lumière vient de sortir.

Découvrez ce numéro en PDF sur notre site, et retrouvez directement toutes les activités dans l’agenda en ligne !

Si vous souhaitez recevoir le Vers La Lumière en papier, en braille, en CD, en DAISY ou par mail (en word ou PDF), contactez-nous !

Eqla lance « Ça nous regarde ! »: une semaine de sensibilisation sur la DMLA

Du 8 au 16 octobre 2022, Eqla lance la campagne annuelle « Ça nous regarde ! » pour sensibiliser à la DMLA et inciter au dépistage. À cette occasion, des affiches et des écrans logés, entre autre, aux arrêts de la Stib, des Villos et du TEC inviteront les passants à réaliser un test qui peut « leur sauver la vue ». En Belgique, une personne sur dix est atteinte de cette maladie après 50 ans.

Depuis 2021, Eqla (ex-Œuvre Nationale des Aveugles) organise « Ça nous regarde ! », une campagne annuelle de sensibilisation à la déficience visuelle. Cette année, l’association met l’accent sur la DMLA - la dégénérescence maculaire liée à l’âge - une maladie de la rétine qui réduit l’acuité visuelle et déforme la vue en faisant progressivement apparaître une tâche centrale.

« En Belgique, la DMLA touche une personne sur dix après 50 ans. Et malheureusement, les cas augmentent à raison de 2 % chaque année », explique Rafal Naczyk, porte-parole d’Eqla. La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une des causes principales de malvoyance après 60 ans. La maladie s’installe le plus souvent insidieusement. Or aujourd’hui, il existe non seulement de plus en plus de cas de DMLA précoce (avant 60 ans), mais la maladie apparaît aussi de plus en plus tôt sous sa forme agressive.

« Les traitements actuels ne sont pas curatifs, mais permettent de stopper ou, du moins, de ralentir l’évolution de la maladie. Il est donc important de déceler rapidement les premiers symptômes, et de se faire régulièrement dépister », explique le porte-parole d’Eqla. Et d’insister : « Nous conseillons un dépistage régulier chez votre ophtalmologue à partir de 55 ans, et à partir de 50 ans s’il y a des cas de DMLA dans votre famille. »

Un test gratuit qui peut vous sauver la vue

Entre le 8 et le 16 octobre, des affiches et des écrans logés, entre autre, aux arrêts de la Stib, du TEC et du réseau Villo inviteront les passants à réaliser un test de dépistage gratuit, grâce à la grille d’Amsler. Ce test, très simple, consiste à fixer le point central d’une grille pendant quelques secondes. D’abord avec l’œil droit, ensuite avec l’œil gauche. Si des lignes ondulées – au lieu de droites – apparaissent, si votre vision est floue malgré une correction optique adaptée, ou si une tache centrale (appelée scotome) apparaît dans votre champ visuel, il faut rapidement consulter votre ophtalmologue.

« Nous voulions une campagne utile, accessible au plus grand nombre et portée sur les solutions. Notre objectif est d’inciter chacun à prendre soin de ses yeux et de consulter son ophtalmologue à temps. Un simple test inspiré de la grille d’Amsler et un rendez-vous chez l’ophtalmologue peuvent vous sauver la vue ! »

Rafal Naczyk - porte-parole d’Eqla

Virginie Hocq, ambassadrice de la campagne 2022

Cette grille d’Amsler est accessible en ligne sur www.çanousregarde.be, sur les réseaux sociaux d’Eqla, ainsi qu’aux abribus de la STIB, du TEC, des Villos, dans la presse et sur d’autres supports. Une vidéo « mode d’emploi » dans laquelle apparaît, entre autres, la comédienne et humoriste belge Virginie Hocq, est également diffusée.

« Perdre la vue, même progressivement, c’est extrêmement difficile à vivre. Les voyants ignorent la chance qu’ils ont… C’est donc par empathie pour les personnes déficientes visuelles, par souci de prévention, mais aussi par respect pour les services d’accompagnement proposés par Eqla, que j’ai décidé de soutenir cette campagne, explique Virginie Hocq. Mon message est simple : faites-vous dépister contre la DMLA, dès 50 ans. Ça peut vous sauver la vue ! »

Virginie Hocq - comédienne et humoriste - ambassadrice de la campagne 2022

Une maladie qui augmente chaque année

Aujourd’hui, en Belgique, près de 200.000 personnes sont atteintes de DMLA. Si 1 Belge sur 10 présente déjà des symptômes à partir de 50 ans, 3 Belges sur 10 en sont atteints après 70 ans. « L’âge, le tabac et la prédisposition génétique sont les principaux facteurs de risque. Mais avec le vieillissement de la population, nos habitudes de vie et, notamment, une surexposition aux écrans, le taux de personnes atteintes de DMLA de manière précoce s’accroît de 2 % chaque année », insiste Rafal Naczyk, porte-parole d’Eqla.

La campagne « Ça nous regarde ! », c’est aussi l’occasion pour Eqla de transmettre un message fort : « Ce n’est pas parce que votre vision est limitée que votre vie doit l’être… ». L’éducation, la formation, l’emploi, l’accessibilité, les nouvelles technologies, mais aussi la culture et le sport sont des enjeux prioritaires pour permettre aux personnes aveugles et malvoyantes, une citoyenneté pleine et entière. Chez Eqla, nous sommes convaincus qu’une personne déficiente visuelle peut avoir une vie culturelle, professionnelle et sociale riche. Surtout, si elle bénéficie d’un bon accompagnement.

Plus d'infos sur la DMLA et les dépistages gratuits (10, 11 et 12 octobre)
Rendez vous sur : https://eqla.be/informer/la-dmla/

Téléchargez la grille d'Amsler au format A4 (PDF, 1,5 Mo) sous ce lien.

Eqla lance Accessia : la première agence Web inclusive de Belgique

Driss Vandenheede, 28 ans, conseiller en accessibilité numérique chez Accessia. ©Valentin Bianchi

« Rendre le Web et les services numériques accessibles à tous ». C’est la mission d’Accessia, la première agence Web belge spécialisée dans l’accessibilité numérique. Créée par Eqla, l’agence emploie des experts en situation de handicap.

Convaincus que l’accessibilité numérique est un facteur d’émancipation et d’employabilité pour les personnes en situation de handicap, Eqla, en partenariat avec Citeco, DiversiCom et Passe-Muraille, a créé Accessia, la première agence Web inclusive de Belgique. Accessia place l’accessibilité en amont de la création des sites Internet et des applications, et accompagne les entreprises dans la mise en accessibilité de leurs services numériques déjà existants. Le défi est de taille : aujourd’hui, seuls 5 % des sites Web publics et privés respectent réellement les standards d’accessibilité.

Accessia, littéralement « la voie vers l’accessibilité », emploie 10 consultants et experts en accessibilité numérique. Avec une particularité : tous sont en situation de handicap (moteur, sensoriel ou cognitif). « Avoir un handicap n’empêche pas d’avoir une expertise professionnelle. Dans le cas de l’accessibilité numérique, c’est même une plus value. Car qui d’autre qu’une personne aveugle, sourde ou surfant autrement qu’avec une souris peut juger du degré réel d’accessibilité d’un site ou d’une appli ? », explique Serge Denis, experte en accessibilité numérique et coordinateur d’Accessia.

Lutter contre l'exclusion numérique

En plus de réaliser des audits, de vérifier la conformité RGAA, WCAG, et de mettre les sites et applications en conformité avec les normes en vigueur, les conseillers d’Accessia mettent leur expertise au service des entreprises pour les accompagner dans la mise en accessibilité de tous leurs sites web, applications mobiles, logiciels et contenus numériques.

« L’accessibilité numérique concrétise le droit fondamental des personnes en situation de handicap à l’inclusion et à leur pleine participation à la société. En toute égalité avec les personnes dites ‘valides’, explique Serge Denis. En tant qu’acteur privilégié du secteur, nous avons pour mission de lutter contre le fossé numérique, de former et d’accompagner les professionnels du Web à une discipline qui ne figure toujours pas au programme des cursus informatiques. En mettant un point d’honneur à l’accessibilité de vos sites, et en vous assurant que vos produits et services numériques sont conformes à la loi, vous contribuerez non seulement à une société plus accessible et plus juste, mais vous vous ouvrez aussi aux 25 % des Belges qui sont sans doute dans l’incapacité d’utiliser vos sites et vos applis. »

Serge Denis - Expert en accessibilité numérique et coordinateur d’Accessia

Une agence solidaire qui crée de l'emploi

En Belgique, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap atteint à peine 35 %, contre une moyenne européenne de 50 %. La Belgique est aussi l’un des seuls pays d’Europe où il n’existe pas d’obligation d’emploi de personnes en situation de handicap dans le secteur privé.

Après avoir lancé BlindCode, les premières formations de codage et de développement destinées aux personnes aveugles et malvoyantes, Eqla a formé une vingtaine d’experts en accessibilité dont plus de la moitié ont trouvé un emploi. « Avec Accessia, nous permettons à des stagiaires d’avoir une première expérience professionnelle rémunérée. Le spectre de nos intervenants s’élargit aussi, puisque qu’Accessia n’emploie pas que des personnes déficientes visuelles, mais aussi des conseillers PMR, autistes, sourds ou malentendants », explique Harielle Deheuy, Chargée de projet « Nouvelles technologies » chez Eqla. Et d’insister :

« Les personnes en situation de handicap sont encore trop invisibles dans notre société. Si on les visibilisait dans ce qu’elles savent faire de mieux, dans leurs compétences, beaucoup de freins et d’a priori seraient levés. »

Harielle Deheuy - Chargée de projet « Nouvelles technologies » chez Eqla

En plus d’accompagner le secteur associatif et les services publics, les services d’Accessia sont ouverts au secteur privé afin de contribuer plus fortement à créer un environnement numérique totalement accessible. Une façon pour Eqla et ses partenaires de défendre les valeurs que l’association porte depuis 100 ans : celles de l’acceptation de l’autre dans sa complexité, de l’inclusion et de l’autonomie des personnes porteuses de handicap.

Vous êtes intéressé par les conseils d'Accessia ?
Rendez vous sur : https://eqla.be/nouvelles-technologies/accessia/

Découvrez le reportage du journal L'Echo sur Accessia :
https://www.lecho.be/innover/tech/accessia-le-handicap-au-service-de-l-accessibilite-numerique/10415515.html

De Blindcode au CDI : La belle histoire de Sophie

Sophie est non-voyante. Il y a 2 ans, elle se lançait sans trop y croire dans BlindCode, une formation en codage adaptée aux personnes déficientes visuelles, pilotée par Eqla. Il y a quelques mois, elle décrochait un CDI chez Etnic, le partenaire informatique du progrès en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Une formation pour lancer une carrière

Sophie est passionnée de Nouvelles Technologies. Elle maîtrise son smartphone, navigue sur internet avec sa synthèse vocale, effectue toute une série d'opérations en ligne... tant que les sites sont accessibles. Mais quand son accompagnatrice sociale lui a proposé de s'inscrire à une formation en codage informatique au début 2020, elle était loin de s'imaginer que, 2 ans plus tard, elle décrocherait son premier CDI !

Après avoir validé son stage,  elle a été engagée en qualité d'auditrice support technique accessibilité numérique chez Etnic.  Elle a notamment pour mission d'auditer les sites de la Fédération Wallonie Bruxelles, de remonter les problèmes aux développeurs et de suggérer les améliorations à mettre en place, pour que ces sites soient accessible à tous, quelque soit le handicap.

Une sensibilisation pour évacuer les appréhensions

Une belle histoire qui n'était pas écrite d'avance. Pour Sophie, c'était le grand saut dans le monde professionnel. Elle qui n'avait jamais postulé, la voilà propulsé dans un environnement qu'elle ne connait pas, avec la crainte de ne pas être acceptée, que son handicap soit un frein à son intégration, que la pression soit trop forte.

Au début, j'avais beaucoup d'appréhensions car les gens ne sont pas toujours très sensibles à la question du handicap

Sophie De Backer, auditrice support technique accessibilité numérique | Etnic

Sandra et Samuel, ses collègues dans le département accessibilité numérique, se posaient également beaucoup de questions. Est-ce que nos bâtiments sont accessibles ? Est-ce que nos outils de communication interne le sont également ? Comment se comporte-on avec une personne déficiente visuelle ? Comment ne pas faire d'impair? Après avoir suivi la Formation à la déficience visuelle dans les bureaux d'Eqla, beaucoup de ses doutes se sont envolés.

C'est donc assez naturellement que Sophie a trouvé sa place dans cette équipe, où la bienveillance et la bonne communication ont largement contribué à son intégration.

Démystifier l'employabilité des personnes en situation des handicap

La présence de Sophie a également permis de booster l'accessibilité à l'échelle de l'entreprise. Jusqu'à présent, les collaborateurs de la structure avait du mal à se représenter l'importance de la question de l'accessibilité, qu'elle soit numérique ou physique. Avec son arrivée, ces concepts se sont concrétisés et des solutions ont été mise en place pour faciliter au mieux son intégration. On ne parle plus d'accessibilité en termes théoriques, mais en termes de solutions pour que Sophie puisse au mieux s'intégrer dans l'entreprise. Et ces avancées seront utiles pour l'ensemble des collaborateurs en situation de handicap qui rejoindront la structure à l'avenir.

Il ne faut pas attendre que tout soit accessible pour s'y mettre. Quand la personne est là, on se rend compte des problèmes et on les résout un à un

Sandra Velarde Gonzalez - Responsable accessibilité numérique | Etnic

Des belles histoires comme celle de Sophie, il y en a encore trop peu. Il est temps que les entreprises se rendent compte qu'employer une personne en situation de handicap, ce n'est pas une contrainte, mais une force. Même si il est légitime d'avoir des appréhensions, c'est avant la volonté de contribuer à un monde plus inclusif qui va aider à les dépasser.

Vous êtes déficient visuel ?
La formation Blindcode vous tente ? Rendez vous sur : https://eqla.be/nouvelles-technologies/blindcode/

Découvrez le Goalball avec Ibrahim

Ibrahim est non-voyant de naissance, mais quand il joue au Goalball, ça ne se voit pas. Découvrez ce sport paralympique créé pour les personnes déficientes visuelles, mais ouvert à tous, à travers son témoignage.

Ibrahim, d’où t’est venue l’envie de pratiquer ce sport ?
C’est venu assez tard. J’avais déjà des cours de gym à l’école, et comme j’étais dans une école spécialisée, j’ai vite été amené à faire du vélo en tandem. Ensuite, j’ai découvert le Torball – une version allemande et un peu différente du sport que je pratique actuellement. Mais ce n’est qu’à 26 ans que j’ai commencé avec le Goalball.

Le Goalball, c’est quoi ?
C’est un sport avec un ballon qui a la taille d’un ballon de basket, mais qui pèse 1,25 kg. Ce ballon est muni de clochettes, à l’intérieur, qui permettent de le repérer quand on le lance sur le terrain long de 18 mètres avec 9 mètres de large. C’est l’équivalent d’un terrain de volleyball. Dans le Goalball, on joue à 3 contre 3. Chacun a sa zone. L’attaquant a sa zone qui s’étend de 0 à 6 mètres. Le défenseur va aussi évoluer sur 6 m. Le but du sport, c’est de marquer des buts en veillant à ne pas dépasser ces zones. Et au milieu, il y a une zone « neutre » entre 6 et 12 mètres. Quand je cours, je n’ai le droit de courir que jusqu’à 6 mètres. Si j’ai trop d’élan et que je dépasse cette zone, c’est faute.

La notion d’espace est donc très importante. En tant que non-voyant, comment fais-tu pour te repérer ?
Chacun des 3 joueurs a son poste, mais heureusement, il y a des repères. Au sol, des cordes permettent de délimiter chaque zone. D’autres cordes (horizontales ou verticales) indiquent la distance : 1 mètre, 3 mètres, 6 mètres… Ces cordes sont des indicateurs tactiles : on peut les toucher avec les pieds et donc facilement savoir où on se situe. En tant que défenseur, je dois écouter le ballon et le défendre avec mon corps. Pour savoir si c’est un ballon bondissant, droit ou croisé, je dois constamment analyser les sons du ballon.

« Pour savoir si c’est un ballon bondissant, droit ou croisé, je dois constamment analyser les sons du ballon. »

Ibrahim Tamditi, joueur de Goalball
Au Goalball, les clochettes c’est pas pour les fées !

Est-ce que c’est un sport physique ?
Oui, c’est très physique. En théorie, un match dure 2 fois 12 minutes. Mais à chaque fois qu’une faute est commise, que le ballon sort ou qu’il y a un temps mort, le chrono s’arrête. En pratique, un match dure donc entre 45 et 50 minutes. C’est donc très physique, parce qu’il faut aller au sol, défendre le ballon avec son corps, courir vite, revenir à sa place, etc. Au moment où le ballon entre en contact avec toi, tu n’as que 10 secondes pour le lancer. Si le ballon reste en ta possession plus longtemps, c’est aussi une faute… Et alors, tu dois défendre le terrain tout seul.

Dix secondes de possession de balle, une concentration de tous les instants, une balle qui pèse 1,25 kilos… La vitesse, ça fait aussi partie du jeu ?
Si tu lances la balle avec beaucoup d’élan, elle peut atteindre une vitesse de 100 km/h. Le ballon met donc 2 secondes pour traverser le terrain. Mais souvent, on préfère jouer avec des ballons bondissants parce que c’est moins prévisible. Même si tu entends où se trouve le ballon, ça ne l’empêche pas de passer au-dessus de toi. Ça rajoute un peu de piment !

Le Goalball est encore peu connu. Pourquoi ?
C’est un sport très peu connu en Belgique – contrairement au Cécifoot auquel les gens s’identifient plus facilement – parce qu’il a des racines américaines. Chez nous, c’est le Torball – plus soft et d’origine allemande – qui s’est développé en Europe. La différence, c’est que le Goalball est reconnu comme un des sports paralympiques. C’est donc un sport qui donne la possibilité aux futurs joueurs d’entrer dans l’équipe nationale, de défendre nos couleurs à l’international et de participer aux Jeux Paralympiques de Paris en 2024.

Combien existe-t-il de clubs en Belgique ?
En Belgique, on a une dizaine de clubs dont la plupart sont néerlandophones. Il y a des clubs à Anvers, à Bruges, mais étonnamment, il n’y a pas de club à Liège, ni à Namur… Et même s’il y a la volonté de créer un club à Mons, le seul club francophone du pays est à Bruxelles. C’est l’Ha. Vi. 2, dans lequel joue Kilson Malpreni, considéré comme un des meilleurs joueurs de Goalball au monde.

Ton club, le Ha. Vi. 2, est très dynamique. Tu participes parfois à des tournois ?
Notre club a déjà organisé un tournoi féminin en 2018, mais pour la première fois, nous organisons un tournoi international masculin. Le « Segel » qui se veut l’équivalent de la Champion’s League de football… Ces 6 et 7 août, nous allons accueillir les deux meilleurs clubs de Lituanie (c’est la référence dans le milieu), de Finlande, d’Angleterre, du Danemark et d’autres pays. Il y a deux pools : le Nord et le Sud. Nous, nous sommes le meilleur club de Belgique. Pendant deux rencontres, on essaiera de se qualifier pour la finale qui aura lieu en octobre, au Portugal.

Initialement, le Goalball a été créé pour les personnes aveugles et malvoyantes. Est-ce un sport accessible aussi aux voyants ?
Oui, les voyants peuvent aussi en faire l’expérience. D’ailleurs, par souci d’égalité, tous les joueurs portent un cache opacifiant sur les yeux. Le seul souci, c’est que le joueur voyant n’a pas le droit de représenter la Belgique lors de compétitions internationales. Il y a plusieurs classifications (de B1 à B3) selon que tu sois aveugle, malvoyant ou que tu vois un peu. Mais quand tu es B4, et donc voyant, tu peux jouer en club et tu es plus que le bienvenu, mais tu ne peux pas faire partie de l’équipe nationale.


L’HISTOIRE DU GOALBALL
Imaginé en 1955 dans un centre de réadaptation pour blessés de guerre, ce sport est dérivé du Torball et initialement réservé aux déficients visuels. Discipline paralympique, le goalball se joue essentiellement au sol. Il exige une attention extrême et implique de faire confiance à ses coéquipiers. Il requiert aussi une très bonne capacité de localisation dans l’espace. Il existe aujourd’hui 2 compétitions européennes et 2 mondiales.

👉🏻 Les règles du jeu
L’objectif est de marquer un maximum de buts en faisant rouler un ballon sonore (1,25 kg) dans le but opposé. Chaque équipe est composée de 3 joueurs qui sont, tour à tour, défenseur et attaquant. Durant un match, les joueurs utilisent tout leur corps pour arrêter le ballon et ne peuvent pas parler entre eux. Les équipes s’affrontent sur un terrain de 18 sur 9 mètres, soit un peu plus grand qu’en Torball. Une compétition de Goalball dure 2 x 12 minutes, avec une pause de 3 minutes entre les deux.


Retrouvez le reportage vidéo de RTL-TVi sur Ibrahim et ses coéquipiers en cliquant ci-dessous ⤵️

“À la découverte du goalball” – reportage d’RTL-TVi (JT du 06/08/2022)

Pour la première fois, Bruxelles accueillait la 2e phase de la Super European Goalball League, une compétition réunissant 6 des meilleurs clubs de goalball d’Europe. Cette compétition a eu lieu les 6 et 7 août. Parmi les participants, il y avait le club Ha. Vi. 2 de Bruxelles, organisateur du tournoi. Retrouvez toutes les informations liées à cet événement sur le flyer ci-dessous ⤵️

Julia, 12 ans, élève malvoyante

Julia, 12 ans, est accompagnée depuis 6 ans par Eqla. Elle vient de terminer ses primaires. Toutes nos équipes sont engagées à ses côtés pour qu’elle puisse continuer à suivre ses cours dans l’enseignement ordinaire, comme tout le monde…

Julia, peux-tu nous parler du tandem que tu formes avec Pascale, ton accompagnatrice chez Eqla ?
Pascale m’accompagne depuis le début de ma scolarité, à raison de 3 matinées par semaine. Elle m’aide surtout pour les cours de géographie ou de géométrie, des cours où le visuel est important. Avec Pascale, on se comprend vite. Elle est là pour me faciliter les manipulations mais aussi pour m’apporter d’autres éléments de compréhension. Par exemple, la situation géographique d’un pays sur une carte.

Dans la pratique, quelle aide t’apporte Eqla ?
Eqla adapte mes cours, mes interros et mes examens en braille et sur d’autres supports. Ils adaptent aussi mes réponses dans un format lisible par les profs. Par exemple, lorsqu’on me demande de souligner en rouge dans le texte un élément grammatical… ce qui m’est difficilement réalisable. J’utilise également une TV-loupe qui me permet de suivre le cours sur le tableau, en agrandissant la matière sur mon écran. Pascale m’a convaincu d’apprendre le braille, ce que j’ai fait. À présent, j’utilise également une barrette braille pour lire mais également répondre aux questions posées lors d’une interrogation. Cet apprentissage est difficile mais nécessaire pour la continuation de mes études.

Pascale, comment as-tu vécu l’accompagnement de Julia dans l’école primaire de Masnuy-Saint-Jean ?
Avant tout, je suis émue et fière du travail accompli par Julia et la brillante acquisition de son CEB. Julia est une enfant qui sait ce qu’elle veut. Elle a un caractère bien trempé mais, au final, quel plaisir d’accompagner cette grande sœur exemplaire et déterminée ! Cet accompagnement est réalisable grâce aux deux perles que sont Madame Biaggi et Madame Bienfait, ses institutrices. Elles ont tout mis en œuvre durant la scolarité de Julia pour qu’elle se déroule au mieux. Enfin, je ne suis pas seule à « accompagner » Julia… Elle doit beaucoup à Rosella, sa transcriptrice chez Eqla. C’est elle qui adapte les cours et les ouvrages qui permettent à Julia de suivre sa scolarité « comme tout le monde ».

« La réussite scolaire ne sert à rien si le jeune est malheureux. »

Pour toi, un accompagnement scolaire efficace, c’est quoi ?
Il est important d’établir une collaboration entre l’élève, l’accompagnatrice et l’institutrice afin que tout se passe le plus naturellement possible. Nous, les accompagnants, on vise davantage le bien-être social du jeune plus que la réussite scolaire. La réussite ne sert à rien si le jeune est malheureux, s’il n’a pas de contacts avec les autres. Les parents, les professeurs ont quelquefois du mal à entendre cela.

Selon toi, est-ce une bonne chose que les enfants déficients visuels soient intégrés dans l’enseignement général ?
L’inclusion dans les écoles ordinaires leur permet d’évoluer dans un monde où ils sont beaucoup plus stimulés. Cela leur donne une ouverture très importante puisque plus tard, ils ne vivront pas dans un milieu de personnes aveugles. On remarque que depuis qu’il y a de l’inclusion, il y a une belle évolution dans l’autonomie des jeunes aveugles dans les activités de la vie journalière. Les enfants qui bénéficient d’un accompagnement depuis leur plus jeune âge ont déjà une autonomie non négligeable. Vivement l’année prochaine, pour une nouvelle étape dans la vie de Julia : les secondaires !


PLUS D’INFOS SUR L’ACCOMPAGNEMENT SCOLAIRE D’EQLA ?
Surfez sur
https://eqla.be/accompagnement/accompagnement-scolaire/
ou contactez :
👉🏻 Bénédicte Frippiat – Directrice générale, responsable de l’accompagnement scolaire wallon
☎️ au 02 241 65 68
📧 ou par mail via benedicte.frippiat@eqla.be


👉🏻 ou Claire Heurckmans – Directrice Accompagnement Bruxelles
☎️ au 02 241 65 68
📧 ou par mail via
claire.heurckmans@eqla.be


🙏🏻 VOUS VOULEZ SOUTENIR D’AUTRES ÉLÈVES AVEUGLES OU MALVOYANTS ?
💖 Faites un don sur notre compte IBAN BE06 0012 3165 0022 avec la communication «JULIA» ou surfez sur www.jesoutienseqla.be


Retrouvez le reportage vidéo du Journal des enfants (L’Avenir) sur Julia et son accompagnatrice Pascale ci-dessous ⤵️

Vers La Lumière 421

Le nouveau numéro du Vers La Lumière vient de sortir.

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